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Le relevé est la partie visible du plan de rémunération présenté dans notre guide sur la rémunération d'un agent commercial. C'est le document que l'agent lit chaque trimestre, et celui sur lequel il juge votre sérieux. Cet article vous donne le calendrier à tenir et une structure de relevé à adapter.
Que dit la loi sur le relevé de commissions ?
Le mandant remet à l'agent un relevé des commissions dues, au plus tard le dernier jour du mois suivant le trimestre au cours duquel elles sont acquises. C'est l'article R134-3 du Code de commerce. Le même texte permet à l'agent d'exiger toutes les informations nécessaires pour vérifier le montant des commissions.
Le relevé est donc lié à 2 autres règles :
- Le moment d'acquisition, fixé par l'article L134-9 : la commission est acquise dès que le mandant a exécuté l'opération ou aurait dû l'exécuter, ou dès que le client l'a exécutée.
- Le délai de paiement, fixé par le même article : au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre d'acquisition.
En pratique, relevé et paiement partent ensemble. La fiche du ministère de la Justice rappelle ces obligations du mandant envers l'agent.
Quel calendrier tenir sur une année ?
Pour un rythme trimestriel, les dates limites tombent 4 fois par an, à la fin du mois qui suit chaque trimestre civil. Ce sont des plafonds, pas des objectifs : rien ne vous empêche d'envoyer un relevé chaque mois.
| Commissions acquises entre | Relevé et paiement au plus tard le |
|---|---|
| 1er janvier et 31 mars | 30 avril |
| 1er avril et 30 juin | 31 juillet |
| 1er juillet et 30 septembre | 31 octobre |
| 1er octobre et 31 décembre | 31 janvier de l'année suivante |
Le point qui change tout : le trimestre retenu est celui de l'acquisition de la commission, pas celui de la commande. Si votre contrat retient l'encaissement, une vente facturée en mars et payée en mai entre dans le relevé du 2e trimestre. Le choix entre les 2 options est détaillé dans notre article sur la commission sur encaissement ou sur facturation.
Que peut demander l'agent pour vérifier son relevé ?
L'agent peut exiger les informations nécessaires pour vérifier le montant des commissions qui lui sont dues. C'est le 2e volet de l'article R134-3. Le texte ne dresse pas de liste : ce sont les informations utiles au contrôle qui sont visées.
Concrètement, les demandes portent souvent sur :
- Les commandes passées en direct par des clients qu'il a apportés.
- Les ventes conclues sur le secteur qui lui est confié, s'il en a un.
- Les dates de facturation et d'encaissement, si la commission dépend du paiement.
- Les avoirs, retours et remises déduits de l'assiette.
Ce droit est souvent mal vécu par les dirigeants, qui y voient de la méfiance. Il faut le lire autrement : l'agent ne voit ni vos factures, ni vos encaissements.
Un relevé qui répond à ces questions par avance évite les demandes, et les soupçons. Le cas des ventes conclues sans l'agent est détaillé dans notre article sur la commission indirecte et le secteur confié.
Quel squelette donner à votre relevé ?
Un relevé utile se lit en 6 blocs, du général au détail. Ce squelette est une structure à adapter à votre contrat, pas un modèle figé : chaque entreprise y met ses propres règles d'assiette, de taux et de régularisation.
Bloc 1 : l'en-tête.
- Le nom du mandant et celui de l'agent.
- La période couverte et la date d'émission.
- La référence du contrat et de son annexe de rémunération.
Bloc 2 : les ventes directes. Une ligne par opération.
| Client | Date | Réf. commande ou facture | Montant HT | Déductions | Assiette | Taux | Commission |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... |
Bloc 3 : les ventes indirectes, s'il y a un secteur ou un groupe de clients confié. Même structure, sur une ligne distincte, avec l'origine de la vente si vous la connaissez.
Bloc 4 : les régularisations.
- Les avoirs et retours portant sur des ventes déjà commissionnées.
- Les commissions reprises, avec la raison et la référence de la vente d'origine.
- Les corrections d'erreurs d'un relevé précédent.
Bloc 5 : les commissions en attente. Les ventes connues mais pas encore commissionnables, par exemple facturées et non encaissées. Elles ne sont pas dues sur ce relevé, mais l'agent sait ce qui viendra au suivant.
Bloc 6 : le récapitulatif.
- Le total des commissions directes et indirectes.
- Le total des régularisations.
- Le palier atteint, si votre grille en prévoit.
- Le montant net dû, et la date de paiement prévue.
Le bloc 5 est celui que les mandants oublient le plus. C'est pourtant lui qui rassure l'agent payé à l'encaissement : il voit que ses ventes existent et où elles en sont. Les règles de calcul de chaque ligne, remises et paliers compris, se trouvent dans notre article pour calculer la commission d'un agent commercial.
L'auto-facturation est-elle possible ?
C'est une pratique que l'on rencontre : le mandant établit lui-même la facture de commissions au nom et pour le compte de l'agent, à partir du relevé. Elle simplifie la vie de l'agent et réduit les écarts entre relevé et facture. Mais elle obéit à des règles de facturation et de TVA qui dépassent cet article.
Si vous l'envisagez, quelques précautions de bon sens :
- Convenez-en par écrit avec l'agent, avant de l'appliquer.
- Faites valider le dispositif par votre expert-comptable, en particulier pour la TVA et les mentions de facture.
- Gardez le relevé distinct de la facture : le relevé explique le calcul, la facture constate le montant.
Sans auto-facturation, l'agent émet sa facture à partir de votre relevé, comme toute entreprise indépendante, statut que rappelle la fiche officielle sur l'agent commercial. Plus le relevé est clair, plus la facture arrive vite et juste.
Quelles erreurs rendent un relevé contestable ?
Les erreurs qui posent problème sont rarement des fautes de calcul. Ce sont des informations absentes, qui empêchent l'agent de vérifier seul.
- Un total sans détail : l'agent ne peut rien contrôler, et il demandera tout.
- Des ventes indirectes oubliées : l'agent les découvre un jour chez un client, et doute de tous les relevés précédents.
- Des déductions sans référence : un avoir non rattaché à une vente ressemble à une retenue arbitraire.
- Un envoi irrégulier : un relevé qui arrive un mois en avance, puis 2 semaines en retard, installe le flou.
À l'inverse, un relevé envoyé à date fixe, toujours dans le même format, devient un argument. C'est l'un des leviers pour devenir la carte prioritaire d'un agent multicartes.
Questions fréquentes
Le relevé de commissions est-il obligatoire ?
Oui. L'article R134-3 du Code de commerce oblige le mandant à remettre à l'agent un relevé des commissions dues. Il doit être remis au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre au cours duquel elles sont acquises.
Peut-on envoyer le relevé chaque mois ?
Oui. La loi fixe une date limite trimestrielle, pas un rythme imposé. Un relevé mensuel, avec un paiement au même rythme, est souvent apprécié des agents et ne pose pas de difficulté si votre contrat le prévoit.
Que contient un relevé de commissions ?
La loi ne fixe pas de modèle. Pour être vérifiable, il détaille au minimum la période, chaque vente commissionnée avec son assiette et son taux, les déductions et le total dû. Les ventes indirectes et les commissions en attente gagnent à figurer sur des lignes distinctes.
L'agent peut-il demander à voir mes factures ?
L'agent peut exiger les informations nécessaires pour vérifier le montant de ses commissions (article R134-3). Le texte vise les informations utiles au contrôle, sans en dresser la liste. Pour une demande précise qui vous pose question, faites-vous conseiller par un avocat.
Qui établit la facture de commissions ?
En principe l'agent, à partir de votre relevé, puisqu'il facture comme une entreprise indépendante. L'auto-facturation par le mandant est une pratique possible, à convenir par écrit et à faire valider par votre expert-comptable, notamment pour la TVA.
Soufiane DerbaliConsultant, fondateur de DivisionCo. 12 ans à diriger des forces de vente externalisées, plus de 300 agents commerciaux indépendants recrutés et activés. Mon parcoursLes informations juridiques de cet article sont données à titre général. Pour une situation précise, consultez un avocat.