Sommaire
- Pourquoi recruter un agent commercial ne ressemble-t-il pas à recruter un salarié ?
- Que doit-il exister avant de recruter votre premier agent ?
- Quel profil d'agent commercial devez-vous chercher ?
- Où chercher un agent commercial indépendant ?
- Comment rédiger une annonce qui parle à un indépendant ?
- Comment sélectionner les bons candidats ?
- Que vérifier avant de signer avec un agent commercial ?
- Comment signer avec un agent commercial ?
- Combien d'agents commerciaux recruter pour commencer ?
- Questions fréquentes
Ce guide ouvre notre série pour trouver un agent commercial et le recruter. Vous voulez que des agents indépendants vendent pour vous, ou vous avez déjà essayé et les agents recrutés ont vite disparu. Voici l'ordre dans lequel avancer, de la préparation à la signature.
Pourquoi recruter un agent commercial ne ressemble-t-il pas à recruter un salarié ?
Parce que vous ne recrutez pas un employé, vous signez avec une entreprise indépendante qui décide elle-même où elle investit son temps. Un agent commercial n'a pas de salaire. Il est payé sur ce qu'il vend, et il représente souvent plusieurs entreprises à la fois.
Le statut est défini par l'article L134-1 du Code de commerce : un mandataire qui négocie, et éventuellement conclut, des contrats au nom et pour le compte de votre entreprise, de façon permanente et indépendante. La fiche officielle sur le statut d'agent commercial rappelle qu'il organise librement son activité.
Un candidat salarié cherche un poste. Un agent cherche une carte rentable à ajouter à son portefeuille. Il vous évalue autant que vous l'évaluez, avec une seule vraie question : combien vais-je gagner, pour combien d'efforts ?
Si vous hésitez encore sur le modèle lui-même, notre guide de l'agent commercial indépendant le compare au VRP, à l'apporteur d'affaires et au commercial salarié.
Les conséquences pour vous :
- Votre annonce doit vendre votre carte, pas décrire un poste.
- Vos critères portent sur son activité actuelle, pas sur un diplôme ou une ancienneté.
- Votre préparation compte plus que votre canal de recherche.
Que doit-il exister avant de recruter votre premier agent ?
3 choses : une offre qu'un tiers peut vendre sans vous, un plan de rémunération chiffré et des critères de sélection écrits. Sans elles, vous recruterez quelqu'un qui découvrira le vide au bout de quelques semaines et ira vendre ailleurs.
C'est la cause d'échec la plus fréquente, et elle se joue avant même la première candidature. Nous l'expliquons en détail dans l'article sur les raisons pour lesquelles vos agents commerciaux ne vendent pas.
Une offre vendable par quelqu'un d'autre que vous
Votre offre fonctionne quand c'est vous qui la présentez. Mais vos arguments, vos prix et vos exceptions vivent dans votre tête. Un agent qui arrive n'a rien à quoi se raccrocher.
Avant de recruter, écrivez sur une page :
- La cible : à qui l'agent vend, et à qui il ne vend pas.
- Le problème résolu : ce que le client gagne, dans ses mots à lui.
- L'offre d'entrée : le produit ou service par lequel l'agent entre chez un nouveau client.
- Le prix et les conditions : ce que l'agent peut annoncer sans vous appeler.
- Les objections : les 3 ou 4 qu'il entendra chaque semaine, avec leur réponse.
Si vous n'arrivez pas à remplir cette page, ne publiez pas d'annonce. Le problème n'est pas encore le recrutement.
Un plan de rémunération chiffré
Un agent multicartes compare ce qu'il gagne par heure de travail chez chacun de ses mandants. Il tient compte de votre taux, mais aussi de votre panier moyen, de la durée de votre cycle de vente et du moment où vous payez la commission.
Avant l'annonce, vous devez pouvoir répondre à une question simple : combien gagne un agent par mois s'il signe un nombre réaliste de clients ? Si le montant ne justifie pas le temps que votre offre demande, aucune annonce ne compensera. La méthode complète est dans notre guide pour rémunérer un agent commercial.
La rémunération est librement convenue entre les parties, selon l'article L134-5 du Code de commerce. C'est une liberté, mais aussi une responsabilité : c'est à vous de la construire.
Des critères de sélection écrits
Sans critères écrits, on choisit le premier candidat qui répond vite et qui a l'air motivé. Écrivez vos critères avant de lire la première candidature, en séparant :
- Les critères d'élimination : ce qui disqualifie un candidat, quelles que soient ses qualités.
- Les critères de préférence : ce qui départage 2 bons candidats.
Ces critères découlent directement du profil, que vous allez maintenant définir.
Quel profil d'agent commercial devez-vous chercher ?
Le bon profil est un agent qui vend déjà aux mêmes acheteurs que vous, avec des cartes complémentaires de la vôtre, sur un cycle de vente proche du vôtre. Ce n'est pas forcément l'agent le plus expérimenté. C'est celui pour qui votre carte s'ajoute naturellement à ses tournées.
Sa clientèle actuelle
C'est le critère le plus important. Un agent qui visite déjà vos acheteurs cibles rentabilise chaque rendez-vous : il présente votre offre en plus de ses autres cartes. Un agent qui doit se constituer une nouvelle clientèle pour vous part de zéro, et votre carte devra porter seule tout l'effort de prospection.
Posez la question simplement : qui sont vos clients aujourd'hui, et qui y décide des achats ?
Ses autres cartes : complémentaires ou concurrentes ?
Une carte complémentaire vend au même acheteur un produit différent du vôtre. C'est le cas idéal : l'agent ouvre une porte et présente plusieurs offres. Une carte concurrente vend la même chose que vous, au même client.
Selon l'article L134-3 du Code de commerce, l'agent peut représenter d'autres mandants sans votre autorisation. Mais il ne peut pas représenter une entreprise concurrente de la vôtre sans votre accord. Demandez donc la liste de ses cartes dès le premier échange.
Regardez aussi le poids de chaque carte dans son chiffre. Si l'une d'elles pèse très lourd, votre offre passera toujours après. Nous détaillons ce sujet dans l'article sur la façon de devenir la carte prioritaire d'un agent multicartes.
Son cycle de vente habituel
Un agent habitué à vendre en un rendez-vous supporte mal un cycle de plusieurs mois, avec devis technique et validation par un comité. À l'inverse, un agent habitué aux ventes longues peut trouver une offre simple peu rentable s'il ne la vend pas en volume.
Comparez son rythme au vôtre : combien de rendez-vous faut-il en moyenne pour signer chez lui, et chez vous ?
Prospecteur ou gestionnaire de portefeuille ?
Certains agents ouvrent de nouveaux comptes. D'autres vivent surtout de leur portefeuille existant et y ajoutent des cartes. Les 2 profils sont respectables, mais ils ne servent pas le même objectif.
- Vous avez besoin de nouveaux clients sur un territoire vierge : cherchez un prospecteur, qui sait obtenir des rendez-vous à froid.
- Vous voulez entrer chez des acheteurs déjà visités par un agent : un gestionnaire de portefeuille bien implanté peut être plus efficace.
Le piège est de recruter un gestionnaire de portefeuille en espérant qu'il prospecte. Il ne le fera pas, et ce n'est pas une faute de sa part.
Le profil, résumé sur une fiche
Avant de chercher, écrivez votre profil sur une fiche courte :
- Les acheteurs qu'il visite déjà (fonction, type d'entreprise, secteur).
- Le territoire couvert.
- Les types de cartes acceptables, et ceux qui sont exclus.
- Le cycle de vente qu'il connaît.
- Prospecteur, gestionnaire de portefeuille, ou les 2.
Cette fiche devient votre grille d'élimination.
Pour évaluer une par une les cartes d'un candidat avant de signer, utilisez la grille de notre article sur le recrutement d'un agent commercial multicartes.
Le secteur change aussi le profil à viser. En cosmétique, le profil dépend d'abord du circuit visé : voyez comment recruter un agent commercial cosmétique pour instituts, pharmacies, parfumeries et concept stores. Si vous vendez dans le bâtiment, il dépend de la porte à ouvrir en premier, négoce, artisan ou prescripteur : voyez notre article sur l'agent commercial dans le BTP.
Si vous vendez des produits techniques ou de la sous-traitance, voyez le profil à viser dans notre article pour trouver un agent commercial dans l'industrie. Dans l'alimentaire, le circuit visé (GMS, RHD ou grossistes) change le profil : voyez notre article pour trouver un agent commercial dans l'agroalimentaire.
En mode, le calendrier des collections compte autant que le profil : voyez comment recruter un agent commercial en mode pour les boutiques multimarques avant l'ouverture des précommandes. Pour le mobilier et la décoration, le profil dépend de la porte à ouvrir, magasins indépendants ou architectes d'intérieur : voyez notre article sur l'agent commercial en ameublement et décoration.
Si vous éditez un logiciel pour les TPE et PME, le profil dépend de la cible métier et du partage des rôles jusqu'à la signature : voyez notre article sur l'agent commercial pour vendre un logiciel. Dans la santé, il dépend de l'acheteur visé, cabinets libéraux, établissements de soins ou maisons de retraite : voyez comment trouver un agent commercial dans la santé.
Où chercher un agent commercial indépendant ?
Les agents se trouvent sur des plateformes spécialisées, dans les réseaux professionnels, dans les fédérations du métier, sur les salons, et par la cooptation de vos clients et fournisseurs. Chaque canal a ses forces et ses limites, mais aucun ne compense une offre mal préparée.
Le canal compte moins que ce que vous proposez : une bonne annonce sur un canal moyen attire de meilleurs candidats qu'une annonce floue publiée partout. Nous avons comparé les canaux un par un, avec pour chacun le type d'entreprise pour lequel il fonctionne, dans l'article sur où trouver des agents commerciaux.
Si vous passez par une plateforme spécialisée, voyez comment la choisir, trier les candidatures et sortir du lot des autres mandants dans notre article sur la plateforme pour trouver un agent commercial.
Un réflexe utile, quel que soit le canal : demandez à vos meilleurs clients quels agents les visitent déjà. Ce sont des agents qui ont votre cible dans leur portefeuille.
Comment rédiger une annonce qui parle à un indépendant ?
Une annonce pour un agent commercial doit présenter une opportunité d'affaires, pas une fiche de poste. L'agent veut savoir en quelques lignes ce qu'il vend, à qui, sur quel territoire, ce qu'il gagne et ce qu'il reçoit pour démarrer.
Les annonces qui échouent ont presque toutes les mêmes défauts :
- Elles parlent de « poste », de « missions » et de « profil recherché », comme pour un salarié.
- Elles décrivent l'entreprise longuement, mais pas la cible.
- Elles annoncent une « commission attractive » sans aucun élément pour la juger.
- Elles ne disent rien de ce que l'agent recevra : supports, outils, accompagnement.
Un agent expérimenté lit ce type d'annonce comme un signal : le mandant n'a pas préparé son offre. Il passe à la suivante.
Ce qu'une bonne annonce contient
5 blocs suffisent, dans cet ordre :
- Ce qu'il vend : l'offre d'entrée, en une phrase, et le problème qu'elle résout.
- À qui : le type d'acheteur, sa fonction, son secteur.
- Sur quel territoire : départements, région, ou liste de secteurs d'activité.
- Ce qu'il gagne : la structure de la commission, le panier moyen, et un exemple de revenu mensuel pour un volume réaliste.
- Ce qu'il reçoit : le kit de démarrage, les trames, les supports, la réactivité promise.
Ajoutez ensuite ce que vous attendez : la clientèle visitée, l'immatriculation au registre, les cartes compatibles. Gardez ce bloc court. L'agent doit d'abord avoir envie de vous répondre.
Outil : squelette d'annonce commenté
Ce squelette est une structure à adapter à votre offre, pas un texte à copier. Les commentaires entre crochets expliquent ce que chaque bloc doit contenir.
Titre : [Ce que l'agent vend] auprès de [cible] - [territoire] - agent commercial indépendant Commentaire : l'agent doit savoir en une ligne si l'annonce le concerne. Évitez « Recherche commercial H/F », qui attire des salariés.
Ce que vous vendrez : [offre d'entrée en une phrase]. Elle permet à [cible] de [résultat concret pour le client]. Commentaire : parlez du problème du client, pas des caractéristiques du produit.
À qui : [fonction de l'acheteur] dans [type d'entreprise, secteur, taille]. Commentaire : plus la cible est précise, plus l'agent sait vite s'il la visite déjà.
Territoire : [départements ou secteurs]. [Exclusif ou non exclusif]. [Clients existants exclus ou confiés]. Commentaire : annoncez ces points dès l'annonce. Les découvrir à la signature crée de la méfiance.
Ce que vous gagnerez : commission de [structure : taux, paliers, base de calcul], versée [rythme et moment du versement]. Exemple : avec [nombre] ventes par mois à [panier moyen], vous percevez [montant] par mois. Commentaire : l'exemple chiffré est le bloc le plus lu. Construisez-le à partir de vos vrais chiffres, avec un volume réaliste, jamais un volume rêvé.
Ce que vous recevrez : [brief de l'offre, trames de prospection et de vente, réponses aux objections, supports, accompagnement sur les premières affaires, délai de réponse]. Commentaire : c'est ce bloc qui vous distingue des autres mandants. Beaucoup n'offrent qu'une plaquette.
Ce que nous attendons : vous visitez déjà [type d'acheteurs], vous êtes immatriculé au registre spécial des agents commerciaux, vos cartes actuelles ne sont pas concurrentes de la nôtre. Commentaire : 3 critères maximum. Le reste se vérifie en entretien.
Pour échanger : [modalité de contact, délai de réponse]. Commentaire : répondez vite. Un bon agent reçoit d'autres propositions.
Le bloc « Ce que vous recevrez » suppose que votre kit existe déjà. S'il n'est pas prêt, préparez-le avant de publier. Notre article sur le kit à remettre à un agent avant son premier jour détaille son contenu.
Pour voir ce squelette appliqué à une entreprise fictive, avec chaque bloc commenté et les erreurs à éviter, lisez notre exemple d'annonce d'agent commercial.
Comment sélectionner les bons candidats ?
En 3 étapes : un tri sur critères d'élimination écrits, un entretien structuré par une trame, puis des vérifications avant la signature. L'objectif n'est pas de trouver le candidat le plus sympathique, mais celui dont l'activité actuelle correspond à votre carte.
Étape 1 : le tri sur critères d'élimination
Reprenez votre fiche profil et appliquez-la à chaque candidature, avant tout échange. Un candidat qui ne passe pas un critère d'élimination est écarté, même s'il est convaincant au téléphone.
Exemples de critères d'élimination, à adapter :
- Il ne visite pas le type d'acheteur que vous ciblez.
- Il représente une entreprise directement concurrente et ne compte pas y renoncer.
- Il n'est pas immatriculé et n'a pas l'intention de le faire.
- Son territoire ne recouvre pas le vôtre.
Ce tri vous fait gagner du temps, et il protège contre le biais du premier candidat.
Étape 2 : l'entretien structuré
Un entretien avec un agent n'est pas un entretien d'embauche. C'est une discussion entre 2 chefs d'entreprise qui vérifient s'ils peuvent travailler ensemble. Préparez une trame, et posez les mêmes questions à chaque candidat pour pouvoir les comparer.
Une trame d'entretien en 4 temps :
- Son activité aujourd'hui : clientèle, cartes, territoire, organisation.
- Sa façon de vendre : prospection, cycle de vente, outils.
- Votre offre vue par lui : ce qu'il en comprend, ce qui le freine, ce qu'il lui faudrait.
- Les conditions : rémunération, territoire, exclusivité, suivi.
Le 3e temps est le plus révélateur. Présentez votre offre en quelques minutes, puis demandez-lui comment il la présenterait à l'un de ses clients. Ses questions vous diront ce qui manque à votre préparation.
Outil : les questions à poser en entretien
Cette liste est une base à adapter. Choisissez les questions qui vérifient vos critères, et notez les réponses de chaque candidat dans la même grille.
Sur sa clientèle et ses cartes
- Qui sont vos clients aujourd'hui, et qui y prend les décisions d'achat ?
- Combien de cartes représentez-vous, et lesquelles ?
- Laquelle pèse le plus dans votre chiffre, et pourquoi ?
- L'une d'elles vend-elle à vos clients un produit proche du nôtre ?
Sur sa façon de vendre
- Comment obtenez-vous un rendez-vous avec un nouveau client ?
- Combien de nouveaux comptes avez-vous ouverts l'an dernier, toutes cartes confondues ?
- Combien de rendez-vous faut-il en moyenne pour signer, sur vos cartes actuelles ?
- Comment organisez-vous vos semaines entre prospection et suivi de vos clients ?
Sur votre offre
- À quels clients de votre portefeuille présenteriez-vous notre offre en premier ?
- Quelle objection pensez-vous entendre le plus souvent ?
- Que vous faudrait-il pour la présenter dès la semaine prochaine ?
- Qu'est-ce qui vous ferait arrêter de la présenter ?
Sur ses attentes
- Comment comparez-vous les cartes entre elles, avant d'en accepter une nouvelle ?
- Qu'attendez-vous d'un mandant, concrètement, au quotidien ?
- Quelle a été votre meilleure expérience avec un mandant, et la pire ?
- Pourquoi avez-vous quitté votre dernière carte ?
La question « Qu'est-ce qui vous ferait arrêter de la présenter ? » est souvent la plus utile. Un agent qui y répond franchement vous dit exactement ce qu'il faut éviter.
Étape 3 : les signaux d'alerte en entretien
Certains signaux doivent vous faire ralentir :
- Il ne peut pas citer précisément ses clients ni ses cartes actuelles.
- Il ne pose aucune question sur votre offre, votre rémunération ou vos outils.
- Il vous promet des résultats rapides sans connaître votre cycle de vente.
- Il demande une exclusivité large sans pouvoir expliquer comment il couvrira le territoire.
Aucun de ces signaux n'est éliminatoire à lui seul. Mais 2 ou plus, sur le même candidat, méritent une vérification sérieuse.
Pour aller plus loin, avec une grille d'élimination, une trame en 5 étapes et ce que chaque réponse doit révéler, voyez notre article sur les questions d'entretien pour un agent commercial.
Que vérifier avant de signer avec un agent commercial ?
3 vérifications : son immatriculation au registre spécial des agents commerciaux, la liste exacte de ses cartes, et ses références auprès de clients ou de mandants. Elles prennent peu de temps et évitent les mauvaises surprises.
L'immatriculation au registre spécial des agents commerciaux
L'agent commercial doit s'immatriculer au registre spécial des agents commerciaux (RSAC) dans les 15 jours qui suivent le début de son activité, comme le rappelle la fiche du ministère de la Justice. Demandez-lui son justificatif d'immatriculation.
C'est aussi une protection pour vous. Selon l'article L8221-6 du Code du travail, un agent immatriculé est présumé ne pas être salarié. Cette présomption tombe toutefois s'il travaille dans un lien de subordination juridique permanent avec vous.
Les cartes qu'il porte
Faites-lui confirmer par écrit la liste de ses cartes actuelles. Vous saurez ainsi s'il en existe une concurrente, au sens de l'article L134-3, et vous pourrez donner ou refuser votre accord en connaissance de cause.
Cette liste vous sert aussi plus tard. Si un conflit d'intérêts apparaît, vous saurez ce qui était déclaré au départ.
Les références
Demandez à parler à 1 ou 2 clients qu'il visite, ou à un mandant actuel ou passé. Vérifiez qu'il est régulier et tient ses engagements. Ouvre-t-il de nouveaux comptes, ou entretient-il surtout ceux qu'il a ?
Un agent sûr de son travail donne ses références sans difficulté. Une hésitation n'est pas une preuve, mais c'est une information.
Le détail de chaque vérification, de l'extrait d'immatriculation aux anciennes clauses de non-concurrence, se trouve dans notre checklist pour vérifier un agent avant la signature.
Comment signer avec un agent commercial ?
Par un contrat écrit, même si la loi ne l'impose pas, qui tranche au minimum le territoire, l'exclusivité, le sort des clients existants et la rémunération. Un contrat flou ne pose pas de problème le premier jour. Il en pose au premier désaccord.
Le contrat écrit n'est pas obligatoire, mais il est conseillé
Selon l'article L134-2 du Code de commerce, chaque partie peut obtenir de l'autre un écrit signé mentionnant le contenu du contrat. Le contrat écrit n'est pas une condition de validité : un mandat d'agent commercial peut exister sans lui.
Sans écrit, chaque désaccord sur le territoire ou une commission se règle sur des souvenirs. Pour un dirigeant, il n'y a aucune bonne raison de s'en passer.
Les points clés à trancher
- Le territoire : un découpage précis, par départements, secteurs d'activité ou liste de comptes. Il évite que 2 agents, ou vous-même, prospectiez les mêmes clients.
- L'exclusivité : accordée ou non, et sur quel périmètre. Ne la confondez pas avec le secteur confié : selon l'article L134-6, un agent chargé d'un secteur ou d'un groupe de clients a droit à une commission sur les opérations conclues avec ce secteur, même sans son intervention, exclusivité ou non.
- Les clients existants : sont-ils exclus du périmètre de l'agent, ou lui sont-ils confiés ? Listez-les si besoin.
- La rémunération : base de calcul, taux, paliers, moment où la commission est acquise et date de versement.
- Les cartes concurrentes : ce que vous acceptez ou non, en écho à l'article L134-3.
- La fin du contrat : préavis selon l'ancienneté, prévu par l'article L134-11, et indemnité de fin de contrat. La fiche du ministère de la Justice indique qu'elle représente de 2 à 3 années de commissions, sauf exceptions comme la faute grave de l'agent.
Ce dernier point est souvent découvert trop tard. Un dirigeant qui signe sans le savoir prend un engagement dont il mesure la portée au moment de rompre. Faites relire votre contrat par un avocat avant la première signature.
Chaque décision à prendre avant de rédiger est détaillée dans notre guide du contrat d'agent commercial.
Pour un agent installé hors de France, la loi applicable et le tribunal compétent se décident avec un avocat avant de signer : voyez notre article pour trouver un agent commercial à l'étranger.
Ce qui se passe juste après la signature
La signature n'est pas la fin du recrutement. C'est le début de l'intégration. L'agent doit recevoir son kit avant son premier rendez-vous, et un rythme de suivi doit être convenu dès le départ.
La loi va dans ce sens. Selon l'article L134-4 du Code de commerce, le mandant doit mettre l'agent en mesure d'exécuter son mandat. Lui remettre les informations nécessaires pour vendre fait partie de vos obligations.
Combien d'agents commerciaux recruter pour commencer ?
Un seul, dans la plupart des cas. Démarrer avec un agent permet de tester votre offre, votre rémunération et vos outils sur le terrain, puis de les corriger avant de recruter les suivants.
Recruter plusieurs agents d'un coup semble aller plus vite, mais cela multiplie les erreurs.
Si votre offre n'est pas claire, tous les agents bloquent au même endroit. Si votre commission n'est pas compétitive, tous partent en même temps. Et vous perdez plusieurs territoires au lieu d'un seul.
La méthode en 3 temps :
- Tester : un agent, un territoire, un suivi rapproché sur la durée d'au moins un cycle de vente.
- Corriger : notez chaque question qu'il pose, chaque objection qu'il ne sait pas traiter, chaque attente de sa part. Chacune révèle un manque dans votre préparation.
- Dupliquer : quand le premier agent vend, recrutez le suivant avec la même annonce, la même trame d'entretien et le même kit, améliorés.
Le premier agent n'est pas seulement un vendeur. C'est le banc d'essai de tout votre système.
Quand passer au 2e agent ?
Quand le premier montre une activité régulière, que ses questions diminuent et que les premières ventes arrivent. Pas avant. Si le premier agent ne vend pas, le 2e ne vendra pas davantage avec les mêmes outils.
Le délai dépend de votre cycle de vente. Si vos clients signent en quelques semaines, vous saurez vite. Si vos ventes demandent plusieurs mois, laissez au premier agent le temps d'au moins un cycle complet avant de juger.
Pour découper votre territoire et dimensionner chaque zone, suivez la méthode pas à pas de notre article pour créer un réseau d'agents commerciaux.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour recruter un agent commercial ?
Cela dépend surtout de votre préparation. Si votre offre, votre rémunération et vos critères sont prêts, la recherche et la sélection vont vite. Si vous découvrez ces sujets en cours de route, chaque entretien les fera remonter un par un, et le recrutement s'allongera.
Faut-il accorder l'exclusivité à un agent commercial ?
Ce n'est pas obligatoire. L'exclusivité vous engage à ne pas nommer d'autre agent ni prospecter vous-même le secteur. Sachez aussi que la commission indirecte ne dépend pas d'elle : dès que vous confiez un secteur ou un groupe de clients, l'agent a droit à une commission sur les opérations conclues avec ce secteur, même sans son intervention (article L134-6). Définissez donc précisément le périmètre dans le contrat.
Un agent commercial peut-il travailler pour mon concurrent ?
Pas sans votre accord. L'agent peut représenter d'autres mandants librement, mais pas une entreprise concurrente de la vôtre sans votre autorisation, selon l'article L134-3 du Code de commerce. Demandez la liste de ses cartes avant de signer.
Le contrat d'agent commercial doit-il être écrit ?
La loi ne l'impose pas : chaque partie peut seulement obtenir de l'autre un écrit signé mentionnant le contenu du contrat. En pratique, un contrat écrit est fortement conseillé. Il tranche le territoire, l'exclusivité, les clients existants et la rémunération avant le premier désaccord.
Comment vérifier qu'un agent commercial est bien immatriculé ?
Demandez-lui son justificatif d'immatriculation au registre spécial des agents commerciaux. L'immatriculation est obligatoire dans les 15 jours qui suivent le début de son activité. Un agent qui ne peut pas le fournir doit régulariser sa situation avant de signer.
Puis-je recruter un agent qui débute dans le métier ?
Oui, si votre offre et votre kit lui permettent de vendre sans expérience préalable de votre cible. Un débutant n'a pas de portefeuille : il devra prospecter, et votre carte portera seule son effort. Vérifiez surtout qu'il sait obtenir des rendez-vous, et que votre rémunération le fait vivre pendant sa montée en charge.
Soufiane DerbaliConsultant, fondateur de DivisionCo. 12 ans à diriger des forces de vente externalisées, plus de 300 agents commerciaux indépendants recrutés et activés. Mon parcoursLes informations juridiques de cet article sont données à titre général. Pour une situation précise, consultez un avocat.