Sommaire
- Qu'est-ce qu'un contrat d'agent commercial, et faut-il un écrit ?
- Pourquoi décider avant de rédiger ?
- Que confiez-vous à l'agent : quelle mission, quels produits ?
- Quel secteur ou quelle clientèle confier à l'agent ?
- Faut-il une clause d'exclusivité, et dans quel sens ?
- Comment écrire la rémunération et son assiette ?
- Peut-on fixer des objectifs dans un contrat d'agent commercial ?
- Quelle durée et quel préavis prévoir ?
- Que coûte la fin d'un contrat d'agent commercial ?
- Faut-il prévoir une clause de non-concurrence ?
- Comment le contrat préserve-t-il l'indépendance de l'agent ?
- Quelles autres clauses ne faut-il pas oublier ?
- Dans quel ordre construire le contrat ?
- Checklist : les 12 décisions à prendre avant de rédiger
- Questions fréquentes
Beaucoup de dirigeants abordent le contrat par la fin : ils cherchent un modèle, le remplissent, puis l'envoient. Les questions qui comptent n'ont alors jamais été posées.
Un modèle téléchargé ne décide rien à votre place : il laisse vides les choix qui créent les litiges. Cet article reprend ces choix un par un, dans l'ordre où il faut les trancher.
Chaque section survole une clause, dit ce que la loi impose et ce qui reste à décider. Les articles liés approfondissent chaque sujet.
Qu'est-ce qu'un contrat d'agent commercial, et faut-il un écrit ?
C'est le contrat par lequel vous confiez à un mandataire indépendant le soin de négocier, et éventuellement de conclure, des ventes en votre nom et pour votre compte, de façon permanente. Cette définition vient de l'article L134-1 du Code de commerce. L'agent n'est ni un salarié, ni un simple apporteur d'affaires ponctuel.
Le contrat écrit n'est pas obligatoire pour que la relation existe. L'article L134-2 prévoit cependant que chaque partie peut obtenir de l'autre un écrit signé qui mentionne le contenu du contrat.
En pratique, l'écrit est ce qui vous permet de prouver ce qui a été convenu. Sans lui, le premier désaccord se règle sur des souvenirs.
Si votre agent travaille déjà pour vous sans écrit, notre article sur l'agent commercial sans contrat liste ce que vous perdez et la façon de régulariser la relation.
Le statut suppose aussi une formalité côté agent : l'immatriculation au registre spécial des agents commerciaux dans les 15 jours du début de son activité. Elle est rappelée par la fiche officielle sur le statut d'agent commercial. Nous détaillons comment la contrôler dans l'article pour vérifier un agent commercial avant de signer.
Pourquoi décider avant de rédiger ?
Parce qu'une clause ne fait que traduire une décision. Si la décision n'a pas été prise, la clause reste vague, et le flou se paie au premier conflit.
Un modèle de contrat trouvé en ligne a 2 défauts. Il reprend des formules générales qui ne disent rien de votre offre, de vos clients ou de votre marge. Et il donne l'impression que le travail est fait, alors que les choix lourds sont encore ouverts.
Les questions à trancher avant toute rédaction sont toujours les mêmes :
- Qu'est-ce que l'agent vend, et qu'est-ce qu'il ne vend pas ?
- Sur quel secteur ou quelle clientèle travaille-t-il, et que deviennent vos clients existants ?
- Est-il seul sur ce secteur, et peut-il porter d'autres cartes ?
- Comment est-il payé, sur quelle base, et à quel moment ?
- Qu'attendez-vous de lui, et en combien de temps ?
- Combien coûte la séparation, et dans quelles conditions ?
- Que peut-il faire après votre relation ?
Chacune de ces questions a une réponse économique avant d'avoir une réponse juridique. C'est à vous de la trouver. La rédaction et la validation reviennent ensuite à un avocat.
Que confiez-vous à l'agent : quelle mission, quels produits ?
La première décision porte sur le périmètre de la mission : ce que l'agent vend, à qui, et avec quel pouvoir. Un contrat qui dit « l'agent représente les produits de la société » couvre tout et ne précise rien.
Les points à décider :
- Les produits ou services confiés : toute la gamme, une famille de produits, ou une offre d'entrée choisie parce qu'elle se vend facilement par un tiers.
- La nature de la mission : l'agent négocie et vous transmet les commandes, ou il peut aussi conclure au nom de l'entreprise. L'article L134-1 prévoit les 2 cas.
- Sa marge de manœuvre sur les prix : tarif imposé, remise autorisée dans une limite écrite, ou accord préalable pour tout écart.
- Les cas où il vous passe la main : grands comptes, appels d'offres, demandes techniques.
Ce périmètre a un effet direct sur la rémunération et sur la loyauté. L'article L134-3 interdit à l'agent de représenter une entreprise concurrente sans votre accord. Délimiter les produits confiés aide à dire ce qui vous concurrence : un point à faire rédiger et valider par un avocat.
Une offre bien délimitée dans le contrat suppose qu'elle ait d'abord été écrite pour être vendue par quelqu'un d'autre que vous. Le contenu à remettre à l'agent est détaillé dans notre article sur le kit du premier jour d'un agent commercial.
Quel secteur ou quelle clientèle confier à l'agent ?
Vous pouvez confier un secteur géographique, un groupe de clients déterminé, ou aucun des 2. Ce choix n'est pas qu'une question d'organisation : il change ce que vous devez à l'agent.
Selon l'article L134-6, alinéa 2, l'agent chargé d'un secteur géographique ou d'un groupe de personnes déterminé a droit à la commission sur les opérations conclues avec une personne de ce secteur ou de ce groupe, même sans son intervention. C'est la commission indirecte. Un agent sans secteur ni groupe confié a droit à la commission directe seulement : ventes conclues grâce à lui, ou avec un client qu'il a apporté.
Les décisions à prendre :
- La forme du secteur : départements, codes postaux, secteurs d'activité, liste de comptes nommés.
- Sa taille : proportionnée à ce que l'agent peut réellement couvrir.
- Le sort de vos clients existants : inclus dans le secteur, ou exclus et listés en annexe. Cette exclusion est une pratique courante, à faire rédiger et valider par un avocat.
- L'information de l'agent : comment il apprend qu'une vente a été conclue sans lui sur son secteur.
Chaque vente déjà réalisée sur ce secteur sans agent peut entrer dans l'assiette de la commission indirecte. Le tableau des situations, client apporté, client du secteur, client exclu, se trouve dans notre article sur la commission indirecte et le secteur confié.
Si vous envisagez plusieurs agents, le découpage se pense pour l'ensemble du réseau, comme l'explique l'article sur le nombre d'agents à recruter et leur territoire.
Faut-il une clause d'exclusivité, et dans quel sens ?
L'exclusivité peut jouer dans 2 sens, et il faut décider de chacun séparément. Le premier sens protège l'agent, le second vous protège.
- L'exclusivité accordée à l'agent : vous vous engagez à ne pas nommer d'autre agent sur son secteur ou sa clientèle, voire à ne pas y prospecter vous-même.
- L'exclusivité demandée à l'agent : il s'engage à ne pas porter d'autres cartes, ou certaines cartes.
Ni l'une ni l'autre n'est imposée par la loi. Ce sont des pratiques contractuelles, dont la rédaction doit être confiée à un avocat.
La loi pose en revanche 2 règles qui existent même sans clause. L'article L134-3 permet à l'agent de représenter d'autres mandants sans votre autorisation, mais pas une entreprise concurrente de la vôtre sans votre accord. Et la commission indirecte de l'article L134-6 est liée au secteur ou au groupe confié, pas à l'exclusivité : un secteur confié sans exclusivité y ouvre déjà droit.
Demander à un multicartes de renoncer à toutes ses autres cartes lui fait perdre ce qui fait son intérêt. C'est aussi une contrainte qui, combinée à un contrôle de son organisation, peut fragiliser son indépendance. Le sujet est développé dans notre article sur le recrutement d'un agent multicartes.
Les 2 sens de l'exclusivité, leurs contreparties et une grille pour décider sont détaillés dans notre article sur la clause d'exclusivité et le territoire de l'agent commercial.
Comment écrire la rémunération et son assiette ?
La rémunération est librement convenue entre les parties, selon l'article L134-5. À défaut d'accord, ce sont les usages de la profession qui s'appliquent : mieux vaut donc tout écrire.
« 10 % du chiffre d'affaires » ne suffit pas. Le contrat doit trancher au minimum :
- Le taux, unique ou différent selon les produits, les clients nouveaux ou existants, les ventes directes ou indirectes.
- L'assiette : montant hors taxes, et ce qui y entre ou non, comme les frais de port ou les prestations annexes.
- Le fait générateur : commission sur le montant commandé, facturé ou encaissé.
- Les cas particuliers : remise accordée par vous, retour de marchandise, impayé, commande passée en direct.
- Les mécanismes éventuels : paliers, primes, fixe ou avance, avec leurs conditions.
Plusieurs règles s'imposent quel que soit votre choix. Selon l'article L134-9, la commission est acquise dès que vous avez exécuté l'opération ou auriez dû l'exécuter, ou dès que le client l'a exécutée. Elle est payée au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre où elle est acquise.
L'article R134-3 vous impose aussi de remettre à l'agent un relevé des commissions dues dans le même délai. L'agent peut exiger les informations nécessaires pour vérifier le montant. Enfin, selon l'article L134-10, le droit à commission s'éteint si le contrat avec le client n'est pas exécuté pour une cause qui ne vous est pas imputable.
La méthode complète se trouve dans notre guide pour rémunérer un agent commercial. Le relevé, son contenu et son rythme sont détaillés dans l'article sur le relevé de commissions d'un agent commercial. Pour le niveau du taux, voyez comment fixer le taux de commission.
Si vous pensez à un démarrage soutenu, l'article sur l'avance sur commission liste les points à écrire avant de la proposer.
Peut-on fixer des objectifs dans un contrat d'agent commercial ?
Oui, des objectifs peuvent être convenus dans le contrat. La loi ne prévoit pas de règle spécifique sur ce point : c'est une pratique contractuelle, à faire rédiger et valider par un avocat.
Les objectifs utiles ne portent pas que sur le volume de ventes. Ils peuvent aussi viser l'activité, comme les rendez-vous obtenus ou les propositions envoyées, et prévoir une montée en charge sur les premiers mois. Un objectif réaliste tient compte de votre cycle de vente : 3 mois sans vente n'ont pas le même sens pour une offre qui se signe en 2 semaines et pour une offre qui demande 6 mois de négociation.
2 limites sont à garder en tête :
- Une absence de résultats n'est pas automatiquement une faute grave. Elle ne permet donc pas, en principe, de rompre sans préavis ni indemnité. Pour un cas précis, consultez un avocat.
- Un objectif n'est pas un ordre. Des objectifs modifiés seul en cours de route, assortis de sanctions, ou traduits en planning de visites, peuvent rapprocher la relation du salariat.
Notre article sur les objectifs dans le contrat d'agent commercial propose un tableau d'objectifs progressifs, avec un exemple fictif, et la façon de les écrire sans créer de subordination.
Quelle durée et quel préavis prévoir ?
Pour un contrat à durée indéterminée, la loi fixe un préavis minimal. Selon l'article L134-11, il est de 1 mois la 1re année, 2 mois la 2e année, et 3 mois à partir de la 3e année.
Aucun préavis n'est dû en cas de faute grave ou de force majeure. Ces 2 notions ne se présument pas : ce qui constitue une faute grave dans votre situation se vérifie avec un avocat avant d'agir.
Les décisions à prendre :
- La durée : indéterminée, ou déterminée pour une période de test. Les effets d'un contrat à durée déterminée qui se poursuit au-delà de son terme sont à faire vérifier par un avocat.
- Le point de départ : la date de signature, ou la date de démarrage effectif si l'agent commence plus tard.
- La forme de la notification : par écrit, et par quel moyen.
- Ce qui se passe pendant le préavis : l'agent continue de vendre, ses commissions restent dues, et vous continuez à lui fournir les moyens de travailler.
La fin du contrat n'efface pas ce qui est dû. Les commissions acquises au sens de l'article L134-9 restent dues, et doivent apparaître sur un relevé conforme à l'article R134-3, même après le départ de l'agent.
Le déroulé complet d'une séparation, du préavis à la restitution des outils, fait l'objet d'une checklist dans notre article sur la rupture d'un contrat d'agent commercial.
Que coûte la fin d'un contrat d'agent commercial ?
En principe, une indemnité de fin de contrat due à l'agent, prévue par l'article L134-12. C'est un poste que beaucoup de dirigeants découvrent au moment de rompre, alors qu'il devrait entrer dans le calcul dès la signature.
La pratique des tribunaux retient souvent 2 années de commissions, et la fiche officielle sur le statut d'agent commercial indépendant situe cette indemnité entre 2 et 3 années. L'agent doit notifier sa demande dans l'année qui suit la cessation du contrat.
L'article L134-13 prévoit 3 cas où l'indemnité n'est pas due :
- la faute grave de l'agent ;
- la rupture à l'initiative de l'agent, sauf circonstances qui la justifient, comme l'âge ou la maladie ;
- la cession par l'agent de son contrat à un tiers.
Concrètement, chaque année de commissions versées augmente le coût d'une séparation future. Ce n'est pas une raison pour ne pas recruter. C'est une raison pour intégrer ce coût dans le calcul de ce que vous rapporte un agent, et pour choisir le bon agent dès le départ.
Le mode de calcul exact dépend de chaque situation et se valide avec un avocat. Notre article sur l'indemnité de fin de contrat d'un agent commercial donne un exemple fictif chiffré de provision, et la façon de l'intégrer au coût de l'agent.
Faut-il prévoir une clause de non-concurrence ?
Il faut distinguer 2 périodes : pendant le contrat, et après. Les règles ne sont pas les mêmes.
Pendant le contrat, vous êtes protégé sans clause. L'article L134-3 interdit à l'agent de représenter une entreprise concurrente sans votre accord, et l'article L134-4 impose une obligation de loyauté réciproque. Préciser au contrat ce que vous considérez comme concurrent reste utile, pour éviter les débats de définition.
Après le contrat, rien n'interdit à l'agent de vendre pour un concurrent, sauf clause de non-concurrence. Selon l'article L134-14, cette clause doit être écrite et ne peut pas dépasser 2 ans. Elle est limitée au secteur géographique et/ou à la clientèle confiés à l'agent, et au type de produits ou services qu'il représentait pour vous.
Les décisions à prendre avant de rédiger : faut-il une clause, sur quelle durée dans la limite de 2 ans, sur quel secteur ou quelle clientèle, et pour quels produits. Une clause trop large risque de ne pas tenir, une clause trop étroite ne vous protège de rien. La rédaction revient à un avocat.
Ces 4 paramètres sont présentés sous forme de squelette dans notre article sur la clause de non-concurrence de l'agent commercial.
Pensez aussi à l'autre sens : un agent que vous recrutez peut être lié par une clause signée avec un ancien mandant. C'est l'une des vérifications de l'article pour vérifier un agent avant de signer.
Comment le contrat préserve-t-il l'indépendance de l'agent ?
En organisant une relation entre 2 entreprises, et non entre un employeur et un salarié. L'agent commercial est indépendant par définition, selon l'article L134-1.
L'article L8221-6 du Code du travail présume que l'agent immatriculé au registre n'est pas lié à son mandant par un contrat de travail. Cette présomption peut être renversée s'il travaille dans un lien de subordination juridique permanent.
Le contrat ne suffit pas à vous protéger, puisque ce sont les faits qui comptent. Mais certaines clauses créent le risque dès la signature :
- des horaires, des jours de présence ou un nombre de visites imposés ;
- des comptes rendus quotidiens obligatoires sur l'emploi du temps ;
- des pénalités ou retenues sur commissions décidées par vous seul ;
- une interdiction de toute autre carte, combinée à un contrôle de l'organisation de l'agent.
Ce qui relève en principe d'une relation entre entreprises, à faire valider par un avocat : des objectifs convenus, un point régulier à un rythme décidé ensemble, quelques indicateurs commerciaux partagés, et ce que vous fournissez en retour.
Notre article sur la requalification d'un agent commercial en salarié propose une grille d'auto-diagnostic des clauses à risque. La façon de suivre l'agent au quotidien, une fois le contrat signé, est détaillée dans l'article pour piloter ses agents sans risque de requalification.
Quelles autres clauses ne faut-il pas oublier ?
Celles qui organisent le quotidien de la relation. Elles paraissent secondaires à la signature, et deviennent centrales au premier désaccord.
- Vos obligations de mandant : l'article L134-4 vous impose de mettre l'agent en mesure d'exécuter son mandat, avec un devoir réciproque d'information. Le contrat peut lister ce que vous fournissez : supports, tarifs, échantillons, réponses techniques, délais de réponse.
- Le circuit des commandes : qui les reçoit, qui les valide, comment l'agent est informé de leur exécution.
- Les outils confiés : liste, propriété, restitution en fin de contrat.
- La confidentialité des tarifs, des marges et du fichier client. C'est une pratique courante, à faire rédiger et valider par un avocat.
- La loi applicable et le tribunal compétent, si l'agent travaille à l'étranger. Le sujet est traité dans notre article pour trouver un agent commercial à l'export.
- La liste des cartes déclarées par l'agent, jointe au dossier de signature, pour appliquer l'article L134-3 en connaissance de cause.
Aucune de ces clauses n'a besoin d'être longue. Elle doit simplement répondre, sans ambiguïté, à la question « que se passe-t-il si ».
Dans quel ordre construire le contrat ?
Dans l'ordre économique d'abord, juridique ensuite. Les clauses dépendent les unes des autres, et commencer par la fin oblige à tout reprendre.
- L'offre : ce que l'agent vend, à qui, avec quelle marge de manœuvre.
- Le secteur : géographique ou par clientèle, avec le sort des clients existants.
- La rémunération : taux, assiette, fait générateur, cas particuliers, chiffrés à partir de votre marge.
- Le coût complet : commissions directes et indirectes, plus la provision pour la fin du contrat.
- L'exclusivité et la non-concurrence : ce que vous accordez et ce que vous demandez, en contrepartie de quoi.
- Le cadre de travail : objectifs, points réguliers, ce que vous fournissez.
- La rédaction : confiée à un avocat, à partir de vos décisions écrites.
Cet ordre évite une erreur courante : accorder un large secteur pour convaincre un agent, avant d'avoir mesuré ce que ce secteur coûte en commissions indirectes et en indemnité future.
Checklist : les 12 décisions à prendre avant de rédiger
Remplissez la colonne « Votre décision » avant de demander la moindre rédaction. Une ligne vide est une clause que quelqu'un tranchera à votre place, au premier litige. Cette grille est une structure à adapter à votre offre, pas un contrat type.
| # | Sujet | La décision à prendre | Ce que la loi fixe déjà | Votre décision |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Mission | Produits ou services confiés, négociation seule ou conclusion | Définition de l'agent (L134-1) | |
| 2 | Prix | Tarif imposé, remises autorisées et leur limite | Rien de spécifique | |
| 3 | Secteur | Zone ou clientèle confiée, ou aucune | Commission indirecte si secteur ou groupe confié (L134-6, al. 2) | |
| 4 | Clients existants | Inclus ou exclus, avec liste en annexe | Rien de spécifique, à faire rédiger par un avocat | |
| 5 | Exclusivité accordée | Vous engagez-vous à ne nommer aucun autre agent sur ce secteur ? | Rien de spécifique | |
| 6 | Autres cartes | Ce que vous considérez comme concurrent, exclusivité demandée ou non | Carte concurrente soumise à votre accord (L134-3) | |
| 7 | Commission | Taux, assiette, fait générateur, cas particuliers | Libre (L134-5), acquisition et paiement (L134-9), extinction (L134-10) | |
| 8 | Relevé | Format, rythme, information sur les ventes indirectes | Relevé au plus tard le dernier jour du mois suivant le trimestre (R134-3) | |
| 9 | Objectifs | Activité, volume, montée en charge, conséquences convenues | Rien de spécifique, à faire valider par un avocat | |
| 10 | Durée et préavis | Durée indéterminée ou déterminée, forme de la notification | Préavis de 1, 2 ou 3 mois pour la durée indéterminée (L134-11) | |
| 11 | Fin du contrat | Provision pour l'indemnité intégrée au coût de l'agent | Indemnité (L134-12), exclusions (L134-13) | |
| 12 | Après le contrat | Non-concurrence ou non, durée, secteur, produits | Écrite, 2 ans maximum, limitée (L134-14) |
Une fois les 12 lignes remplies, vous avez un cahier des charges, pas encore un contrat. Transmettez-le à votre avocat : il rédigera des clauses qui traduisent vos choix, au lieu de choix qui découlent d'un modèle.
Questions fréquentes
Un contrat d'agent commercial doit-il obligatoirement être écrit ?
Non, l'écrit n'est pas une condition de validité. L'article L134-2 du Code de commerce permet cependant à chaque partie d'obtenir de l'autre un écrit signé mentionnant le contenu du contrat. Sans écrit, prouver ce qui a été convenu devient difficile.
Peut-on utiliser un modèle de contrat d'agent commercial trouvé en ligne ?
Un modèle peut servir de liste de rubriques, pas de contrat. Il ne dit rien de votre secteur, de vos clients existants ni de votre marge, qui sont les points où naissent les litiges. Prenez d'abord vos décisions, puis faites rédiger et valider le contrat par un avocat.
Faut-il accorder une exclusivité pour que l'agent ait droit à la commission indirecte ?
Non. L'article L134-6 la prévoit dès que l'agent est chargé d'un secteur géographique ou d'un groupe de clients déterminé. Le texte ne parle pas d'exclusivité. Confier un secteur, même sans exclusivité, ouvre donc ce droit.
Peut-on rompre le contrat d'un agent qui n'atteint pas ses objectifs ?
Vous pouvez mettre fin à un contrat à durée indéterminée en respectant le préavis de l'article L134-11. Une absence de résultats n'est pas automatiquement une faute grave : l'indemnité de fin de contrat reste donc en principe due. Faites examiner votre situation par un avocat avant d'agir.
Combien de temps dure une clause de non-concurrence après le contrat ?
2 ans au maximum, selon l'article L134-14 du Code de commerce. Elle doit être écrite et limitée au secteur ou à la clientèle de l'agent, et au type de produits ou services qu'il représentait. Pendant le contrat, l'article L134-3 vous protège déjà contre une carte concurrente non autorisée.
Qui doit rédiger le contrat d'agent commercial ?
Les décisions vous reviennent : offre, secteur, rémunération, exclusivité, objectifs. La rédaction et la validation des clauses reviennent à un avocat. Plus vos décisions sont écrites en amont, plus la rédaction est précise.
Soufiane DerbaliConsultant, fondateur de DivisionCo. 12 ans à diriger des forces de vente externalisées, plus de 300 agents commerciaux indépendants recrutés et activés. Mon parcoursLes informations juridiques de cet article sont données à titre général. Pour une situation précise, consultez un avocat.